Il y a des semaines à thèmes, malgré moi… Cette semaine, c’est la perception : ce que l’on voit, ce que l’on croit, ce que l’on pense…
Pourquoi notre perception influence autant nos émotions
Il y a des semaines à thèmes, malgré moi.
C’est-à-dire des semaines où les problématiques des personnes qui franchissent le seuil de mon cabinet se ressemblent. Parfois, ce sont des événements de l’enfance. D’autres fois, des difficultés liées au poids, à l’hypersensibilité ou encore au sommeil.
Cette semaine, c’est la perception : ce que l’on voit, ce que l’on croit, ce que l’on pense… et surtout l’histoire que l’on se raconte.
Les événements existent. Mais notre cerveau leur donne aussi un sens. Et ce sens peut influencer directement ce que nous ressentons.
Changer de perception, ce n’est pas changer la réalité. C’est parfois accepter qu’une autre façon de regarder les choses est aussi possible.
Quand la culpabilité s’invite après une épreuve
Un corps qui déclare un cancer, c’est soudain, douloureux, presque invraisemblable. C’est un choc. Un véritable coup de massue.
La colère peut alors monter. Contre soi : « J’aurais dû faire plus attention. » Contre la vie : « Pourquoi moi ? » Contre les autres, parfois.
Ces émotions sont normales. Naturelles même. Tout événement douloureux est vécu comme tel. Ce qui différencie chacun d’entre nous, ce n’est pas la douleur ressentie, mais la place que nous allons donner à cet événement dans notre histoire.
Alors arrivent les « peut-être ».
Je n’ai peut-être pas fait ce qu’il fallait…
J’ai peut-être trop mangé…
J’aurais peut-être dû être plus vigilant…
Beaucoup de « peut-être »… parfois transformés en certitudes. Pourtant, personne ne peut savoir avec certitude ce qui se serait passé si les choses avaient été différentes.
Peut-être que votre corps a su maintenir son équilibre pendant toutes ces années. Peut-être qu’il vous a justement alerté au moment où il le pouvait. Peut-être avez-vous réagi rapidement, avec sérieux, dès que quelque chose vous a semblé anormal.
Et peut-être aussi que si les choses avaient été différentes… elles n’auraient pas forcément été meilleures.
Nous ne le saurons jamais.
Si aujourd’hui la maladie est prise en charge et que vous faites tout ce qui est possible pour avancer, alors peut-être pouvez-vous aussi vous autoriser à reconnaître que, dans cette situation si difficile, vous avez fait de votre mieux avec les informations dont vous disposiez.
Changer de perception, c’est aussi s’autoriser à être cette personne qui a peut-être bien fait… parce qu’au fond, nous ne saurons jamais.
Quand on se sent rejeté par les siens
Parfois, ce n’est pas la maladie qui fait souffrir, mais les relations.
Vous vous sentez trahi par les vôtres. Vous avez toujours été présent, toujours aidé, toujours soutenu… et pourtant, un jour, lorsqu’un proche traverse une épreuve, personne ne fait appel à vous.
Vous vous dites alors :
Ils ne voient pas tout ce que j’ai fait.
Ils ne me respectent pas.
Oui… peut-être.
Mais peut-être aussi que cette personne est profondément inquiète. Peut-être cherche-t-elle simplement à faire de son mieux. Peut-être ignore-t-elle tout ce que vous avez fait jusque-là. Peut-être ne réalise-t-elle pas que vous aimeriez être présent.
Là encore… nous ne pouvons pas savoir.
Changer de perception, c’est aussi s’autoriser à être quelqu’un qui n’a pas besoin d’aider pour exister.
Se mettre à la place de l’autre… sans s’oublier
Changer de perception, ce n’est pas excuser. Ce n’est pas nier ce qui fait mal.
C’est accepter qu’il puisse exister une autre lecture de la même histoire.
C’est essayer de regarder avec les yeux de l’autre, de son histoire, de son éducation, de sa culture, de ses peurs.
« À sa place… qu’aurais-je ressenti ? »
Parfois, cela ne change rien.
Mais parfois, ce simple déplacement du regard permet de déposer un peu de colère, un peu de culpabilité, un peu de tristesse.
Et c’est déjà beaucoup.
Ce que les neurosciences nous apprennent
Lorsque notre système nerveux est en état d’alerte, notre cerveau cherche avant tout à nous protéger. Pour cela, il analyse les situations sous l’angle du danger, parfois au détriment d’autres interprétations pourtant tout aussi plausibles.
C’est un fonctionnement normal. Face à un stress important ou prolongé, il peut devenir plus facile d’anticiper le pire, de rester accroché à une seule explication ou de percevoir plus vite une menace, un rejet ou une faute.
À l’inverse, lorsque le système nerveux retrouve progressivement davantage de sécurité, notre cerveau peut redevenir plus souple. Il devient parfois plus facile de prendre du recul, d’envisager plusieurs lectures d’un même événement et de sortir des scénarios qui entretiennent la culpabilité, la colère ou le sentiment d’injustice.
C’est notamment l’un des principes utilisés en hypnose. L’objectif n’est pas de convaincre une personne de penser autrement, ni d’effacer ce qu’elle a vécu. Il s’agit plutôt de travailler avec l’inconscient, là où se sont construits de nombreux automatismes, croyances et schémas de perception, afin de permettre progressivement l’émergence d’associations plus aidantes et plus adaptées à sa réalité.
Modifier sa perception ne change pas les événements, ne guérit pas une maladie et ne répare pas le passé. Cela peut toutefois aider à diminuer la souffrance émotionnelle qui s’ajoute parfois à ces épreuves.
En conclusion
Au fond, changer de perception ne change pas la réalité.
Cela ne guérit pas une maladie. Cela ne répare pas un passé. Cela ne fait pas disparaître une injustice.
En revanche, cela peut transformer la façon dont nous choisissons d’avancer avec ce qui nous arrive.
Et parfois… c’est déjà immense.

